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Eaux Troubles

Une chronique initialement publiée chez 300 mille signes


Au commencement est la commande. Laure Mi Hyun Croset, écrivaine genevoise, me parle de la collection « Uppercut » que lance Giuseppe Merrone et sa maison d’édition, BSN Press, à Lausanne. Il s’agit de mêler sport et littérature, si possible dans un registre « noir ». À ce moment-là, je marque une pause dans le roman en cours, j’ai besoin d’oxygène, le mélange des genres m’intéresse. Parfait pour plonger.
Plutôt qu’une situation ou des personnages, je pense à une discipline sportive, c’est la contrainte. Je connais bien l’atmosphère confinée des piscines, le goût du chlore et la tension des compétitions. J’ai trois mois pour écrire ce récit court et tout doit être concentré en soixante pages, sans temps mort. Bizarrement, je dévie sur la trajectoire brisée d’une ex-plongeuse. Je sens poindre un désir de thriller en huis clos. Très vite se mettent en place trois personnages, dans un triangle humain fait de troubles progressifs. Mélanie est le personnage central vers lequel converge l’attention de deux hommes ; l’un est bienveillant (voire amoureux), l’autre beaucoup moins. À l’évidence, la violence sera le thème central du livre. Une violence que chacun subit ou fait subir, si tant est que cette pulsion archaïque soit ancrée en chacun de nous sous le vernis des apparences. Le récit se fait alors thriller, psychologique et réaliste, avec des références cinématographiques que j’aime distiller dans le récit. J’essaie aussi d’installer une esthétique des corps confrontés à l’élément aquatique et à la discipline sportive.

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